La réforme des SSM en 2019 : un désastre



Depuis 2018, le cabinet de la ministre Greoli a décidé de réformer le décret concernant les Services de Santé Mentale Wallons.

Malheureusement, le texte proposé va dénaturer le travail que mènent les SSM depuis parfois plus de 40 ans. La ministre et sa conseillère, Isabelle Demaret, restent sourdes à toute explication sur des points qui touchent au fondement de la relation clinique.

Pire : le texte proposé modifie l’indépendance des assistant(e)s sociales, des logopèdes et de celui des psychomotricien(ne)s, déforme de manière grossière la relation thérapeutiquen souhaite établir une liste de publics prioritaires et, surtout, met en place une forme de paramédicalisation indirecte de tous les travailleurs alors que jusqu’ici leur autonomie de travail avait toujours été soutenue et encouragée par une politique d’accueil au tout venant. Notons que la Fédération des SSM Wallons a choisi de ne pas défendre certaines modifications profondes de la clinique : des points comme l’évaluation tous les six mois n’ont même pas été amenés à la table des négociations.  

Pire encore : ces négociations semblent avoir été contaminées par des fédérations hospitalières qui verraient peut-être d’un bon œil que l’ambulatoire, souvent imprégné d’une pensée clinique indépendante et libre, tombe sous leur contrôle dans le cadre de la réforme des soins de santé mentale. A nouveau, il convient de marquer la différence entre l’ambulatoire et l’hospitalier, tout en soulignant leur complémentarité.

Le texte est actuellement au Conseil d’Etat avant de passer en troisième lecture au Gouvernement Wallon. Ensuite, il passera au vote, au Parlement. Nous craignons que le cabinet tente de faire passer le texte en force et rapidement, en dépit de tous les arguments professionnels valables déployés.

Quels sont les points qui posent problème? Cliquez ici vers l’article les décrivant.

Cédric Boussart


“Pourquoi signer ?

Entre autre sinon surtout…

  • parce qu’établir des publics prioritaires stigmatise et est le début de la ségrégation ;
  • parce que l’on ne peut confondre santé mentale et psychiatrie ;
  • parce qu’écoute et diagnostic sont antagonistes ; 
  • parce que l’approche ambulatoire est réellement spécifique ;
  • parce que l’avant-projet de décret va à l’encontre de la nouvelle politique en santé mentale pour enfants, adolescents qui reconnaît la position centrale de la parole des usagers au sein de nos services;
  • parce qu’une parole se doit d’être entendue et considérée ;
  • Et… parce qu’une fédération se doit aussi d’entendre et de soutenir les points de vue et sensibilité de l’ensemble de ses membres…”

Dominique Theys, directeur administratif du SSM de Wavre